L’aventure, jour après jour (épisode 1)

Jour 1 – Mardi 16 Juillet 2019 – par Céline

Après une grasse matinée post-voyage bien méritée, le sommeil slalomant entre le chant des coqs insomniaques, le bruit du voisin menuisier lève-tôt et le racolage du poissonnier en tuk-tuk pendant sa tournée matinale, nous arrivons vers midi à l’école de Mandaug pour profiter de la pause déjeuner. Une, puis deux, puis trois institutrices nous accueillent avec des sourires jusqu’aux oreilles, gênées de nous annoncer que la directrice n’est malheureusement pas à l’école. Elles ont tout de même méticuleusement préparé et compté le matériel scolaire que nous avions envoyé dans une boîte pour clôturer l’Opération 500. Grâce à ce concept pensé et rondement bien mené par Olivier de l’association, nous pourrons offrir un cahier à chaque élève, des gommes et des stylos individuels, et plusieurs boîtes de crayons de couleurs par classe. Nous sommes émus de retrouver ces objets dernièrement vus à l’autre bout de la Terre. Des regards scrutateurs ponctuent les fenêtres, et des « hello ! » timides sont lancés dans notre direction à travers les murs. Je reconnais bien là le pays où j’ai grandi, où la joie est communicative et tout est prétexte à sourire.

Une tempête étant prévu pour le lendemain, nous décidons de faire la distribution sur-le-champ. Tout est disposé sur des tables à l’extérieur et de nombreux élèves participent à l’organisation de ce petit évènement en transportant les fournitures, des chaises, et le système de sonorisation (un don de l’association utile au quotidien ! :)) qui, nous le découvrirons très vite, servira notamment à nous faire danser… En effet, nous sommes accueillis avec une danse « de bienvenue » sur une musique qu’on fredonnera ensuite des jours durant. Après la danse des élèves et des institutrices, c’est à notre tour de suivre leur chorégraphie sous leurs regards amusés. L’audience applaudit, rit, se moque un peu, et l’émotion est intense chez moi qui ai vécu cette vie d’écolier jamais retrouvée ailleurs. Après un discours de remerciement de Ma’am Lolita, institutrice en CP, la distribution peut commencer. Tous les élèves sont priés de se ranger en lignes dans la petite cour et Ma’am Lolita anime la distribution en appelant chaque classe à s’avancer pour recevoir leur matériel. Tout se passe plutôt dans le calme considérant le nombre d’élèves présents (environ 450!) et le stock est rapidement écoulé. Les élèves sont ravis et le bonheur est largement partagé.


Nous profitons alors de notre présence pour visiter l’école, la voir et l’arpenter – enfin. Nous observons notamment à travers ses fenêtres grillagées la salle de classe dont on parle depuis des mois, celle que nous voudrions réparer, astiquer, renaître, voir retrouver son utilité première. Et c’est effectivement la priorité que nous nous donnons, car le bilan est un vrai défi pour les bricoleurs que nous sommes (même si nous comptons, heureusement, un charpentier dans notre équipage) : le plafond, la charpente et la toiture sont à refaire en partie car complètement pourris par les termites et l’eau, plusieurs sections en bois sont à changer et repeindre, des dizaines de pupitres sont en mauvais état, les murs sont à laver et repeindre, le sol compte des trous de ciment à boucher, l’évier est à rendre à nouveau fonctionnel, les fenêtres sont à réparer et repeindre, les tables sont à réparer puis poncer pour un rafraîchissement de peinture, le petit local à débarras doit être vidé et nettoyé… Bref, il y a suffisamment de travail pour un groupe de 11 personnes très motivées pour 10 jours !

Cette salle de classe accueille le cours de « Industrial Arts » animé par Sir Jessie : initiation à la charpente, la menuiserie, le jardinage, le bricolage ; un cours qui ne peut avoir lieu seulement à l’extérieur (et donc désormais très limité) depuis qu’un tremblement de terre a affaibli la toiture entraînant un dégât des eaux. Le budget manquant, cet espace s’est peu à peu transformé en un énorme débarras de choses diverses et variées. Un réel gaspillage de place dans une école où les salles sont déjà surchargées d’élèves. Ce sera donc notre projet phare, et nous sommes tous surexcités à l’idée de redonner une nouvelle vie à ce local. Le rendez-vous de l’état des lieux et début des travaux est fixé au lendemain matin, à l’heure du rituel du lever de drapeau, 07h45.

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