Lutter contre le décrochage scolaire dû à la faim

À Mandaug, l’absentéisme scolaire dû au manque de nourriture est une triste réalité.
Les élèves les plus aisés peuvent rentrer manger chez eux à midi ou apporter leur « baon », un Tupperware contenant un peu de riz et un accompagnement simple. Leurs besoins journaliers ne sont pas tous respectés mais cet apport minimum leur permet d’assurer une présence physique et intellectuelle que chaque écolier dans le monde devrait pouvoir s’offrir.
Néanmoins, pour les plus démunis, la faim les emmène sur le chemin de la maison, pour ne plus revenir à l’école car elle reste insatisfaite. S’ils ne rentrent pas, ils sont dans l’incapacité de se concentrer, ce qui affecte grandement leur scolarité.

Malheureusement, ce constat est général dans tout l’archipel. De nombreux élèves sont sous-nourris et/ou malnourris par manque de moyens de leur famille, si ce n’est, dans certains cas extrêmes, par absence de famille qui puisse veiller sur eux.
Pour d’autres, très (trop) tôt sollicités dans la vie quotidienne, ils doivent s’absenter régulièrement pour travailler avec leurs parents dans les rizières ou restent à la maison pour garder leurs frères et sœurs. Les Philippines, en plus d’être un pays très pauvre, est majoritairement très catholique, ce qui limite le recours au planning familial, entraînant des conséquences évidentes sur la taille incohérente de certaines familles vis-à-vis de leurs moyens.

Au début de l’année scolaire, le DepEd (Department of Education, equivalent de l’Education Nationale française) demande à ce que chaque élève soit pesé et mesuré afin de connaître son indice de masse corporelle. Ils sont ainsi mis dans une catégorie physique afin de pouvoir suivre ceux qui ont réellement besoin d’aide, les « wasted » ou même « severely wasted ». Ce sont les termes employés par le gouvernement. « Perdus », presque irrécupérables. Quand ils peuvent, ces enfants viennent à l’école le ventre vide, car la loi exige une scolarité élémentaire aux enfants, mais ne tiennent que très rarement la journée, et encore moins l’année. Le gouvernement verse à l’école une aide journalière permettant aux institutrices d’acheter de quoi leur cuisiner un repas. Chaque élève bénéficie donc de 16 pesos philippins par jour pour un repas chaud, autrement dit environ 24 centimes d’euros. De quoi faire du riz et un peu de légumes, la viande et le poisson étant très onéreux. Cette aide est une aubaine, mais qui ne dure malheureusement que 50 jours, soit 1/4 de l’année scolaire (environ 200 jours au total). Une durée largement insuffisante pour se refaire une santé à l’école.

Partant de ce retour d’expérience de l’équipe ayant travaillé bénévolement dans l’école de Mandaug en juillet 2019, Ecoliers des Philippines souhaite s’adapter à cette réalité en aidant l’école de Mandaug à construire un « feeding center » et en lui versant une aide alimentaire mensuelle afin qu’elle puisse assurer le repas de midi aux élèves qui sont le plus dans le besoin, et ce durant toute l’année scolaire. Notre première Cantine Solidaire verra le jour à Mandaug !

Le fonctionnement est basé sur du volontariat de la part des parents qui ne travaillent pas. En début d’année scolaire, une liste de parents volontaires est dressée et une rotation hebdomadaire est mise en place. L’aide versée par l’association sera donc intégralement utilisée pour la nourriture.

Aujourd’hui, les dons réguliers peuvent déjà couvrir 90% de ces dépenses. Nous sommes à la recherche de quelques donateurs qui pourraient compléter cette aide. Avec 10€ par mois, 30 repas peuvent être fournis aux enfants les plus sous-nourris.

Notre association s’est donnée pour mission de veiller à répondre aux besoins les plus importants des écoles que nous avons décidé de soutenir. Lutter contre la faim qui empêche d’aller à l’école devient donc pour nous une priorité cette année. Et nous ferons de notre mieux pour palier ce problème, car chaque enfant a le droit d’aller à l’école sans ressentir la faim, et avoir l’énergie qu’il faut pour être un enfant.